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Renaud , sa biographie

 
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jean-yves
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MessagePosté le: Lun 11 Jan - 14:17 (2010)    Sujet du message: Renaud , sa biographie Répondre en citant

Biographie L'enfance et l'adolescence (1952 - 1968)
Renaud Pierre Manuel Séchan est né le 11 mai 1952 dans le 14e arrondissement de Paris. Il a un faux jumeau, David, ainsi que quatre autres frères et sœurs dont l'écrivain Thierry Séchan qui est un critique musical.
Son père, Olivier, originaire d'une famille protestante des Cévennes,[4] est professeur d'allemand et de néerlandais, traducteur et auteur de romans policiers. Il a reçu le prix des Deux Magots en 1942 pour Les Corps ont soif et a travaillé pendant la Seconde Guerre mondiale à Radio Paris. Il lui a donné le goût de l'écriture. Sa mère, Solange, originaire d'une famille de mineurs du Nord, était ouvrière avant de devenir femme au foyer.
Son grand-père paternel, Louis Séchan est un helléniste français renommé, professeur à la Sorbonne,[5] auteur de divers ouvrages et dont l'épouse, Isabelle Bost, était, par son père, la petite-fille d'Ami Bost[6] et la nièce de John Bost et, par sa mère, la nièce de Louisa Siefert (arrière-grande-tante de Renaud), qui connut Arthur Rimbaud.[7]
Son grand-père maternel, Oscar, ancien mineur après avoir quitté l’école à l'âge de 13 ans, fut d'abord membre du Parti communiste, puis le quitta en 1937, déçu après un voyage en Union Soviétique en 1932. Il rejoignit ensuite le Parti populaire français, parti collaborationniste de Jacques Doriot.[8]
À ce double héritage culturel s'ajoutent également deux tendances musicales : sa mère écoute de la chanson populaire allant de Fréhel à Maurice Chevalier ou Édith Piaf alors que son père est amateur de musique classique et de chanson française, notamment Georges Brassens.[9]
Vers 10-12 ans, il découvre la vague yéyé et les Beatles et vers 14-15 ans, il se met à écouter le chant de révolte de Hugues Aufray, qui devient sa première idole,[10] et Bob Dylan puis Joan Baez, Leonard Cohen, Donovan, Sullivan. En 1966, il découvre Antoine dont les thèmes qu'il défend le touchent, et commence la guitare. Son style vestimentaire s'inspire toutefois d'un autre chanteur : Ronnie Bird.[11]
Malgré certaines aptitudes, notamment en français, Renaud manifeste très peu d'intérêt pour les études, avec un dégoût particulier pour les cours de gymnastique dont le côté militaire l'énerve déjà.[11] En 1963, Renaud et son frère rentrent en sixième au lycée Gabriel Fauré dans le 13e arrondissement où leur père enseigne l'allemand. À partir de là, les résultats de Renaud commencent à baisser, notamment en mathématiques, celui-ci préférant s'intéresser aux boums, aux filles, et aux mobylettes.[12] Il commence à sécher les cours, préférant aller écrire des poèmes devant les statues du jardin du Luxembourg.[11] En 1965, il échoue au BEPC et doit redoubler sa troisième mais le lycée Gabriel Fauré refuse de le garder malgré l'influence de son père. Il intègre ainsi le lycée Montaigne à la rentrée 1967 sans plus de succès dans ses résultats.
Plutôt que les études, Renaud se sent bien plus attiré par la politique. Dès 1962, il s'intéresse aux réactions et manifestations pacifistes métropolitaines durant la guerre d'Algérie, auxquelles ses parents ont participé, et est profondément choqué par les évènements du métro Charonne et par l'explosion de deux bombes de l'OAS près des appartements de la famille Séchan.[13] En 1966, il fait ses premiers pas de militant en rejoignant le MCAA (Mouvement Contre l'Arme Atomique), animé par Jean Rostand.[14] Dans son nouveau lycée, à l'atmosphère plus politisée, il rencontre d'autres camarades du même bord politique que lui avec qui il part provoquer les étudiants de la faculté de droit d'Assas et leurs militants d'extrême droite, toute proche.[12] Par l'intermédiaire de ses copains, il s'approche des milieux maoïstes et trotskystes.[11] Cette rébellion lui vaut quelques heurts avec son père. Il crée un Comité Viêt Nam dans son lycée pour protester contre la guerre du Viêt Nam en 1967 et fréquente assidument les « Amitiés franco-chinoises ».
En mai 1968, Renaud rejoint son frère Thierry et vit pendant trois semaines dans la Sorbonne occupée, participant aux manifestations et barricades. Il fête ses seize ans le 11 mai sur les barricades du quartier latin.
Les débuts dans la musique (1968 - 1977)


Ses premières chansons furent écrites pendant l'occupation de la Sorbonne en mai 1968.


Pendant mai 1968, il participe à la création du groupe Gavroche révolutionnaire qui ne fait guère d'émules[12]. Il récite aussi des sketches de Guy Bedos, ce sont ses premiers pas sur scène[13]. C'est par ailleurs dans l'un des amphithéâtres de la Sorbonne que Renaud croise Évariste, un étudiant qui commence à chanter avec sa guitare une chanson qu'il avait écrite[15]. Il découvre alors l'écriture de chansons, et rédige sa première chanson, Crève salope qui a eu un franc succès auprès des autres étudiants[16]. Deux autres chansons, C.A.L. en Bourse et Ravachol, suivent rapidement, toutes encore inédites aujourd'hui.
En août 1968, comme cela se fait un peu partout en Europe, il fonde avec quelques amis une communauté anarchiste sur le Mont Lozère, dans les Cévennes mais ils sont rapidement délogés par la gendarmerie[17]. Ses parents l'inscrivent ensuite dans une classe de seconde artistique du lycée Claude Bernard, au milieu des quartiers de la porte d'Auteuil, dont l'environnement bourgeois l'exaspère[18]. Il retrouve ses amis de Montaigne au « Bréa », un bistrot près de son ancien lycée qu'il continua de fréquenter ensuite.
En avril 1969, il arrête ses études, part s'installer dans une chambre de bonne, et entre dans la vie active comme magasinier puis vendeur à la Librairie 73 au boulevard Saint-Michel durant deux ans, il profite de ses temps libres pour lire autre chose que ce que lui a imposé l'école : Vian, Prévert, Maupassant, Zola, Bruant, Céline… À cette époque, il chante encore uniquement pour amuser ses amis ou draguer[11]. Les chansons sont de lui, mais aussi d'Hugues Aufray ou de Bob Dylan. Au bout de quelques mois il peut s'acheter une première moto avec laquelle il rencontre ses premiers amis « loubards » et fréquente les bandes d'Argenteuil, de République et de Bastille. Comme eux, il se met à porter le cuir et avoue avoir failli mal tourner. Avec eux il connait les bagarres, même s'il préfère les éviter, et est entraîné dans quelques petits casses mais, pensant à ce que penserait sa mère, il refuse d'aller plus loin[12].
En 1971, en vacances à Belle-Île-en-Mer, il rencontre Patrick Dewaere dans une soirée[19] qui le fait entrer comme comédien au Café de la GareParis) pour remplacer un acteur au physique similaire parti aux États-Unis. Pendant quelques mois, tout en restant libraire la journée, il joue avec Coluche, Miou-Miou, Romain Bouteille, Henri Guybet, Sotha et, bien sûr, Patrick Dewaere, notamment dans Robin des quoi ? de Romain Bouteille[20]. Il rend finalement sa place à l'acteur à son retour (il fut plus tard remplacé par Gérard Depardieu). Renaud pense alors avoir trouvé sa vocation : comédien[11].
Il est exempté du service militaire, ayant eu un demi-frère décédé lors des bombardements de la Seconde Guerre mondiale et ses trois frères précédents ayant été exemptés pour d'autres motifs[21]. En 1972, licencié suite à ses retards successifs, Renaud quitte Paris pour s'installer dans le Sud et atterrit à Avignon. Il en revient au bout de cinq mois, face au peu d'avenir que lui offre la ville dans les carrières artistiques qu'il envisage, après avoir effectué de multiples petits boulots de plongeur à représentant en livres pornos[12].
En 1973-1974, en plein dans sa période dandy où il fréquente les hauts lieux de Montparnasse, il continue les petits boulots, prend des cours d'art dramatique, et joue quelques petits rôles dans des séries télévisées, des petits films… Après s'être fait rejeter lors d'une audition sur scène pour jouer de la musique au Don Camillo, il commence à chanter dans les rues et les cours d'immeuble du côté de la porte d'Orléans, rejoignant un copain accordéoniste, Michel Pons, le fils du patron de son bistrot favori le « Bréa ». Il y chante le Paris populaire qu'il affectionne tant à travers des chansons de Bruant principalement ou de simples bals musette, mais son répertoire s'élargit avec les chansons qu'il écrit et compose lui-même. L'idée était de faire revivre la tradition des accordéonistes qui venaient faire la manche que Renaud avait vu dans son enfance et la recette obtient un certain succès[22].


Paul Lederman remarqua Renaud alors que celui-ci chantait devant le Café de la Gare.


En 1974 alors que Coluche donne son premier spectacle au nouveau Café de la Gare rue du Temple, Renaud, Michel et leur guitariste Bénédicte Coutler décident de jouer dans la cour pour les 500 personnes de la file d'attente, où ils se font remarquer par Paul Lederman, le producteur de Coluche, qui leur propose de venir jouer au Caf'conc' de Paris, en première partie du spectacle de Coluche[19]. Leur groupe est appelé les P'tits Loulous. Engagés pour trois mois, le groupe ne dure que trois semaines car Michel doit partir effectuer son service militaire. Encouragé par Ledermann, Renaud continue alors seul en chantant ses propres chansons (Hexagone, Camarade bourgeois…). C'est là qu'un soir de 1975, deux producteurs, Jacqueline Herrenschmidt et François Bernheim, l'entendent chanter et lui proposent de faire un disque. Renaud, qui avait déjà refusé une proposition de Lederman - il entend toujours faire acteur -, est peu motivé par la proposition mais accepte tout de même[12]. Son premier 33 tours, Amoureux de Paname, sort en mars 1975. Jean-Louis Foulquier est le premier à inviter Renaud à son émission Studio de Nuit[23]. Lors de son premier passage télévisée, à Midi-Première chez Danièle Gilbert, il joue Camarade Bourgeois. Avec 2 200 exemplaires vendus, Amoureux de Paname lui vaut un succès d'estime qui lui permet de chanter dans des MJC et de faire quelques dates, faiblement rémunérées, en France et en Belgique[12]. La chanson Hexagone, qui brocarde la France d'alors en la comparant à la « gangrène » qui sévit « à Santiago comme à Paris » (allusion au régime de Pinochet), est interdite d'antenne sur France Inter pendant la visite du pape en France[12].
En juin 1975, il partage l'affiche avec Yvan Dautin à La Pizza du Marais devant un petit public comprenant les déjà célèbres Julien Clerc et Maxime Le Forestier[13]. Il y fait aussi la connaissance de Bernard Lavilliers qui essaye de percer comme lui. L'auditoire ne sait pas trop quoi penser de ce jeune homme ni très bon chanteur, ni très bon musicien mais quelques journalistes s'intéressent déjà à lui. Renaud, lui, ne croit pas à une quelconque carrière et continue de faire le figurant dans des petits feuilletons ou le mécanicien dans un magasin de moto[12]. Début 1977, il joue même plusieurs soirs dans Le Secret de Zonga, une pièce de Martin Lamotte au café-théâtre La Veuve Pichard. Il y rencontre Dominique Lanvin, sa future épouse[24].
La période du loubard (1977 - 1982)
Toujours avec ses mêmes producteurs, Renaud sort son deuxième album Laisse béton en 1977 où il abandonne son image de titi parisien (qu'il trouve trop folklorique[12]) pour celle du gentil loubard au blouson de cuir[25], image qu'il durcit jusqu’à l'album Marche à l'ombre. Renaud dispose de plus de liberté pour cet album imposant ses musiciens, la pochette et la chanson Les Charognards que ses producteurs refusaient pour « apologie du gangstérisme » (il n'avait pas réussi à leur imposer une chanson contre Franco sur l'album précédent)[12]. Nettement plus soigné, Laisse béton se vend modestement mais la chanson-titre devient vite un tube dans les premiers mois de 1978 et le grand public découvre Renaud.


Alain Meilland et Renaud dans la loge de la MCB avant le premier passage au Printemps de Bourges 1978


Fin 1977, il rencontre au cours de l'émission Studio de Nuit de Jean-Louis Foulquier sur France Inter[26] Jacques Erwan (journaliste) et Alain Meilland (co-fondateur avec Daniel Colling du Printemps de Bourges) qui vont lui proposer un premier passage dans ce nouveau festival consacré à la chanson française [27] . En avril 1978, ce nouveau venu dans la chanson triomphe au Printemps de Bourges 1978 accompagné par le groupe Oze. La chanson Hexagone fait partie du double album compilation et Renaud restera très attaché à ce festival qui le programmera à de nombreuses reprises.
Son image de loubard amène aux concerts un public de voyous auquel il n'avait jusqu'alors pas été habitué[12]. Le 30 juin, Renaud remporte le premier prix au Festival de Spa, en Belgique, avec Chanson pour Pierrot. Le single Laisse béton atteint les 300 000 exemplaires vendus et l'album se vend à 200 000 exemplaires, cette soudaine célébrité l'amène à se poser des questions sur l'influence qu'il peut avoir[28]. Les médias commencent à lui coller l'étiquette de loubard alors qu'il refuse de se limiter à cet aspect. En effet Renaud n'attribue pas à ses chansons de zonard un côté autobiographique mais une manière de faire connaître les problèmes de ces gens qu'il a connus[29]. Pour se « démystifier » aux yeux du public, il termine tous ses spectacles par Peau Aime qui se retrouve sur son album suivant. La boîte de production ayant fait faillite, Polydor rachète le contrat de Renaud, qui dispose d'un contrat moins léonin.
Troisième album de Renaud, Ma gonzesse sort en janvier 1979. Dans la lignée du précédent, Renaud se dévoile néanmoins plus sensible et adepte de l'autodérision. C'est mon dernier bal est interdite d'antenne. En mars, il affronte sa première grande salle parisienne : le Théâtre de la Ville, salle de huit cents places où il joue à guichets fermés cinq soirs de suite. Avec le succès croissant arrive les premières controverses. Maintenant que le chanteur a gagné beaucoup d'argent et qu'il se met à faire des chansons sentimentales, son image de loubard rebelle ne colle plus vraiment et certains, comme Rock & Folk, le voient déjà récupéré par la société de consommation. De plus la famille d'intellectuels du côté de son père lui vaut d'être traité de bourgeois. Ces critiques énervent Renaud qui promet un prochain album « d'une violence noire. »[11]
En 1980, Renaud publie chez l'éditeur à réputation révolutionnaire Champ Libre, un recueil des paroles de ses chansons intitulé Sans zikmu. La relation avec l'éditeur tournera court suite à un échange de lettres où Gérard Lebovici reproche à Renaud sa complaisance avec des medias staliniens et le fait qu'il n'ait pas écrit de chanson sur Mesrine lorsqu'il était encore en vie[30]. L'album suivant, Marche à l'ombre, sorti en janvier 1980, est dédié, entre autres, à Paul Toul (pseudonyme de Jacques Mesrine), criminel français des années 1970, tué par la police. Plus violent et plus sombre (Baston, La Teigne, Marche à l'ombre, Mimi l'ennui…) sans être dénué d'humour, l'album obtient un fort succès. Renaud a abandonné son groupe de scène pour une équipe de musiciens professionnels comme Jean-Philippe Goude[31]. Gérard Lambert, personnage central de la chanson Les aventures de Gérard Lambert, devient un vrai phénomène. Plus préjudiciable Où c'est qu'j'ai mis mon flingue ? s'en prend violemment à toutes les critiques qu'il a pu recevoir et lui attire les foudres du Parti communiste français. La même année Renaud est applaudi par le public et par la presse à Bobino dont Polydor met en vente un double album live Renaud à Bobino. La première partie du spectacle, qui était elle aussi assurée par Renaud, sort en album sous le titre Le P'tit Bal du samedi soir et autres chansons réalistes. Renaud y chante de vieilles chansons du siècle précédent, accompagné par l'accordéoniste Joss Baselli.
Avec Le Retour de Gérard Lambert, enregistré fin 1981, Renaud commence à délaisser son blouson noir, transition entre Marche à l'ombre et Morgane de toi. Devenu père d'une petite Lolita depuis août 1980, Renaud préfère s'éloigner de la violence[11]. Cependant, les ventes n'égalent pas celles de Marche à l'ombre malgré la présence de deux titres phares, Manu et La Blanche (dédiée à Michel Roy), et d'une chanson signée Coluche, Soleil immonde. En novembre 1981, sort Les Aventures de Gérard Lambert, une BD scénarisée par Renaud et dessinée par Jacques Armand[32]. Fin 1982, Renaud fait sans le savoir ses adieux au loubard sur la scène de l'Olympia[11] dont un double album live intitulé Un Olympia pour moi tout seul est édité.
Paternité et succès (1982-1990)
Inspiré par des amis et par la lecture des récits des voyages d'Antoine[33], aspirant à fuir un peu la surmédiatisation, Renaud découvre la mer et prend le large avec son bateau, la Makhnovchtchina. L'épopée dure de septembre 1982 à mars 1983 et il en tire un tube : Dès que le vent soufflera avec son fameux « Tatatsin ». Pour Morgane de toi, sorti en 1983, Renaud part à Los Angeles et s'entoure de musiciens américains renommés, comme le guitariste Albert Lee. Cet investissement n'est pas vain car Morgane de toi se vend à plus d'un million d'exemplaires en quelques mois. Deux chansons sont dédiées à sa fille, inaugurant une longue tradition qui se poursuit sur tous les albums suivants. Serge Gainsbourg réalise le premier clip de Renaud sur Morgane de toi. Renaud a définitivement cassé son image : moins agressif, plus écolo, un blouson en jean à la place du blouson de cuir[11]. Il conserve cependant les santiags et le bandana rouge.
En 1981, Renaud représente 45% du chiffre d'affaires de Polydor[11]. Mais ne se sentant pas soutenu par sa maison de disque, il ne renouvelle pas son contrat après Morgane de toi et quitte Polydor. Il signe chez Virgin pour 18 millions de francs, une somme record pour l'époque[34]. Il fonde alors son label, Ceci-Cela, ainsi qu'une maison d'éditions Mino Music et Encore merci qui s'occupe du merchandising. Il joue au Zénith de Paris, qui vient juste d'être inauguré, du 17 janvier au 5 février 1984 puis effectue une tournée qui se termine au Printemps de Bourges. Entre le 10 et le 20 juillet, Renaud part à la rencontre de son public québécois et réunit 40 000 personnes au cours de ses six concerts en Amérique du Nord. Le 8 septembre, malgré ses relations en froid avec le PCF, il chante en vedette à la Fête de l'Humanité, revenant ainsi sur ses prises de positions passées pas plus tard qu'au début de l'année, afin de bien montrer qu'il s'oppose à la droite.
L'année 1985 est une année mouvementée pour Renaud. En février, la chanteuse Valérie Lagrange propose à Renaud d'écrire une chanson pour l'Afrique[35]. À l'époque en effet, une sécheresse sans précédent sévissait en Éthiopie depuis plusieurs années, faisant des milliers de victimes. Des musiciens africains et des artistes d'Amérique du Nord comme Bob Geldof avaient déjà réalisé des disques de solidarité mais en France, rien n'avait été fait. Valérie Lagrange voit en Renaud le catalyseur idéal pouvant faire bouger les artistes[11]. Après quelques hésitations, Renaud accepte, écrit une chanson sur une musique de Franck Langolff et réunit une trentaine d'artistes (parmi lesquels Francis Cabrel, Jean-Jacques Goldman, Jacques Higelin, Coluche, Julien Clerc, Alain Souchon…). Le disque dépasse rapidement le million d'exemplaires (1 724 000 exactement, 8e single le plus vendu en France[36]) et rapporte plusieurs millions de francs à Médecins sans frontières, l'association bénéficiaire de l'opération. Le concert des Chanteurs sans frontières organisé par la suite à La Courneuve est cependant bien moins réussi.
En août, dans le cadre du Festival mondial de la jeunesse et des étudiants, Renaud part donner une série de concerts à Moscou, en URSS. Séjour encadré mais globalement positif, Renaud se réjouissant d'affronter un public non francophone, jusqu’à l'incident du parc Gorki : devant dix mille personnes (triées sur le volet), Renaud entame sa chanson pacifiste Déserteur. Des projecteurs éclairent soudainement les gradins, trois mille spectateurs se lèvent en même temps et quittent la salle[34]. Incident prémédité, probablement par une faction dirigeante peu encline à cette ouverture vers l'Occident, dont Renaud, fils de communistes fervents, sort profondément blessé[11]. Ce séjour soviétique modifie profondément sa vision du pays et lui inspire la chanson Fatigué (paru ensuite dans le futur album Mistral gagnant) qu'il avait ébauché le jour même sur un banc de la Place Rouge devant l'hotel Ukraine[14]. Épuisé moralement et physiquement, Renaud quitte l'URSS pour l'enregistrement de son album suivant à Los Angeles.
Arrivé dans les bacs en décembre, Mistral gagnant sent la désillusion (Fatigué), la désespérance (Morts les Enfants, P'tite Conne - chanson dédiée à Pascale Ogier, la fille de l'actrice Bulle Ogier), la nostalgie de l'enfance (Mistral Gagnant), transcrivant ainsi les derniers mois difficiles durant lesquels Renaud écrivit les chansons de l'album. La chanson Miss Maggie, hymne féministe - écrite après le drame du Heysel - et charge contre Margaret Thatcher, déclenche une polémique en Angleterre[11]. L'accueil enthousiaste du public (plus d'un million d'exemplaires vendus) et de la critique favorable à ce disque « inquiet » redonne confiance à Renaud pour sa prochaine prestation pendant un mois au Zénith début 1986. 180.000 personnes assistent aux concerts du Zénith, avec pour décor, un bateau le Karaboudjan[37]. Sa tournée Le Retour de la Chetron Sauvage est un franc succès. Par ailleurs, un recueil de ses chansons et dessins, préfacé par Frédéric Dard[38], lui vaut d'être invité par Bernard Pivot dans l'émission Apostrophes, reconnaissance officielle de ses talents d'écrivain[39].
Même si sa vie d'artiste est comblée, ce n'est pas le cas de sa vie personnelle. Renaud s'enfonce doucement dans la déprime[11] : par la remise en question de ses engagements (qui a commencé depuis Morgane de toi), par le temps qui passe… et par les premiers deuils. Le 19 juin 1986, la mort brutale de son ami Coluche l'affecte gravement. En 1988, Renaud dédie son nouvel album Putain de camion à Marius et à Romain, les fils de Michel et Véronique Colucci. La chanson-titre de l'album est d'ailleurs un hommage à celui qui fut le parrain de sa fille Lolita. L'album sort sans promotion, décision qui a un effet sensible sur les ventes : 750 000, soit deux fois moins que le précédent. L'album obtient malgré tout en 1989 plusieurs prix[40].
En 1989, Renaud organise un grand concert gratuit place de la Bastille à Paris, Ça suffat comme ci avec Johnny Clegg et la Mano Negra, initié par l'écrivain Gilles Perrault et la LCR en réponse au sommet du G7 à Paris. La même année sort un double album live, Visage pâle rencontrer public, Renaud tour 89 témoignage d'une tournée avec pour décor un arbre géant.
De 1975 à 1985, il a enregistré sept albums. Jusqu'en 1995, il en enregistre trois (plus deux albums de reprises).
L'Irlande, le Nord, et la Belle de Mai (1991 - 1995)
En 1991 arrive l'album Marchand de cailloux, enregistré au Studio Sarm West à Londres durant la première guerre du Golfe contre laquelle Renaud a milité (on peut lire au dos du disque « enregistré pendant leur sale guerre »). Avec des chansons pacifistes, de pêche à la ligne (Tant qu'il y aura des ombres) ainsi que sur les dirigeants socialistes qui l'ont tant déçu (Tonton, Le tango des élus), l'album se vend à peine moins bien que Putain de camion (650 000 exemplaires) mais obtient un Grand Prix de l'Académie du disque Charles Cros. Le clip de P’tit voleur est tourné avec Emmanuelle Béart.
En mai 1992, il chante cinq semaines durant au Casino de Paris, cette fois sans décor exorbitant. En juillet 1992, il fait partie de l'équipe qui relance Charlie Hebdo, et devient actionnaire du titre[41]. Il arrête sa chronique Renaud bille en tête en décembre 1993 pour se consacrer à l’enregistrement de À la Belle de Mai. Il recommence entre janvier 1995 et juillet 1996 avec Envoyé spécial chez moi. Il consacre le reste de l'année 1992 au tournage de Germinal où il joue le rôle d'Étienne Lantier aux côtés de Gérard Depardieu, Miou-Miou et Jean Carmet. En 1980, dans la loge de Bobino, le réalisateur Claude Berri lui avait en effet promis qu'un jour il lui trouverait un rôle au cinéma[11]. En tant que petit-fils de mineur (Oscar, inspiration de la chanson homonyme), Renaud, qui aurait pourtant préféré un petit rôle, ne peut pas refuser[11]. Comme en prélude à la sortie du film, Renaud enregistre début 1993 Renaud cante el' Nord, album de reprises de chansons ch'ti. Au cours des six mois de tournage de Germinal, Renaud a pu découvrir le folklore des gens du Nord et, par amour de ces gens qu'il considère d'une grande générosité, a décidé de le chanter[42]. L'album lui vaut sa première Victoire de la musique en 1994 dans la catégorie « Album de musique traditionnelle » et se vend à 300 000 exemplaires, alors que Renaud pensait qu'il n'intéresserait que les gens du Nord. Toujours en 1994, il sort un conte pour enfants La petite vague qui avait le mal de mer qui est ensuite traduit en castillan et en catalan.
Suit en novembre 1994, À la Belle de Mai (du nom d'un quartier marseillais), enregistré à son domicile[43], entièrement acoustique. Renaud privilégie plus les coups de cœur que les coups de sang : il chante son admiration pour Che Guevara, Zapata ou Pancho Villa. Trois musiques sont signées par son ami Julien Clerc et les arrangements sont dirigés par l'accordéoniste Jean-Louis Roques dont l'influence musicale a pris de plus en plus d'importance depuis 1978[12]. Mais les ventes de l'album ne décollent pas vraiment (300.000 exemplaires), malgré quelques succès (C'est quand qu'on va où ?, La médaille, Mon amoureux, À la Belle de Mai). Le concert ainsi que la tournée qui suivit sont enregistrés sur le double album live Paris-Provinces Aller/Retour et sur VHS. À partir du 1er mai 1995, peu avant l’élection présidentielle en France, Renaud se produit à la Mutualité, symbole des grands meetings de la gauche. Durant l'hiver 1995, il avait effectué une tournée en Bosnie avec Charlie Hebdo et Philippe Val. Cette même année, Renaud enregistre un album reprenant vingt-trois chansons de Georges Brassens Renaud chante Brassens.
Mais pour Renaud (et surtout pour ses maisons de disques), cette année 1995 est aussi l'année des compilations. Polydor et Virgin, ses deux maisons de disques, sortent coup sur coup The meilleur of Renaud 1975-1985, The meilleur of Renaud 1985-1995 et une double compilation The very meilleur of Renaud, l'ensemble se vend à 800 000 exemplaires. Puis en novembre sort L'intégrale Renaud contenant trois albums inédits (Renaud chante Brassens, Les Introuvables et Le Retour de la Chetron Sauvage).
Le passage du « Renard » (1995 - 2002)
Voilà quelques années déjà que Renaud s'enfonçait dans la dépression. Nostalgie du temps qui passe, perte de ses idéaux, une longue période de silence commence en 1995 et ne se termine qu'en 2002, avec d'innombrables rechutes[11]. Renaud a toujours été nostalgique de son enfance et fataliste quant à l'avenir (J'ai la vie qui me pique les yeux, Mistral Gagnant), et la perte de plusieurs amis proches comme Coluche, Desproges et Gainsbourg l'affecta beaucoup. Au fil des années, et malgré un soutien constant de son épouse (qui, selon la famille Séchan, « portait Renaud à bout de bras »), Renaud céda à sa mélancolie pour se rapprocher de son côté sombre - qu'il surnomme lui-même « Renard » (par analogie avec Gainsbourg/Gainsbarre). Pris dans l'alcoolisme, la solitude et le cynisme, Renaud y perd son grand amour, Dominique, qui le quitte en 1999 en même temps que l'inspiration. Il emménage alors avec son frère Thierry au-dessus de la brasserie la Closerie des Lilas, qui devient son quartier général[11].
Devenu l'ombre de lui-même, ses quelques apparitions le montrent bouffi par l'alcool, les yeux cernés. Conscients de l'urgence, ses musiciens Alain Lanty et Jean-Pierre Bucolo, l'embarquent dans une tournée thérapeutique Une guitare, un piano et Renaud, marathon de 202 dates dans des petites salles de province entre octobre 1999 et mars 2001, qui lui fait réaliser l'amour que lui porte encore son public, indéfectible malgré les performances vocales éraillées et parfois totalement catastrophiques du chanteur[11] loin des performances des tournées précédentes. La tournée introduit deux nouvelles chansons, Boucan d'enfer et Elle a vu le loup mais Renaud n'arrive plus à écrire et ne sait même pas s'il arriverait à sortir un nouvel album[12]. Le premier déclic arrive grâce à son ami journaliste Pascal Fioretto. Alors en cure, Renaud craque et veut se resservir un verre. Fioretto lui accorde à la condition qu'il lui écrive une chanson. Une heure plus tard, Renaud termine Petit Pédé[44]. En 2001, il reçoit une Victoire de la musique pour l'ensemble de son œuvre, ce qui, dans un sens, peut revenir à le considérer à la retraite. Il a d'ailleurs avoué l'avoir à l'époque considéré comme un hommage posthume[11]. À cette occasion, il interprète Mistral gagnant mais sa prestation se révèle catastrophique : sa voix, qui a souffert de ces années noires, est complètement fausse et l'alcool le rend méconnaissable. Le second déclic a lieu en revisionnant la prestation : Renaud se rend compte de l'urgence et décide de se ressaisir[12]. Il repart en cure, réécrit des chansons et un an plus tard sort son onzième album.
La renaissance depuis 2002
En mai 2002 un nouvel album, illustré par Titouan Lamazou, apparaît donc dans les bacs huit ans après le dernier enregistrement de matériel original du chanteur énervant : Boucan d'enfer se vend à plus de deux millions d'exemplaires, fruit d'un matraquage médiatique inédit depuis Mistral Gagnant. Mis en musique par ses amis Lanty et Bucolo, l'album est à l'image des dernières années passées : noir et sans concession. Docteur Renaud, Mister Renard, Cœur perdu, Mal barrés reflètent le purgatoire passé, alors que Elle a vu le loup renoue avec la tradition des chansons intimistes sur sa fille. La chanson Manhattan-Kaboul en duo avec Axelle Red connaît un succès énorme (523 000 exemplaires vendus). Après tant d'années, Renaud commence à reprendre le dessus sur Renard, son côté sombre rongé par l'alcool. Pendant la Tournée d'enfer qui s'ensuit, dans un décor de fête de village, il connaît quelques rechutes, fait un delirium tremens[45], et la voix n'est pas toujours au rendez vous[11], mais il remporte malgré tout un vif succès. Plus de 170 concerts[46] sont donnés, la tournée s'arrêtant notamment plusieurs fois au Zénith de Paris et au festival des Vieilles Charrues. Aux côtés de Johnny Hallyday, Renaud joue dans le film Wanted de Brad Mirman. L'année est couronnée par trois Victoires de la Musique et 2 NRJ Music Awards. L'apparition de Renaud à cette cérémonie et dans d'autres émissions de variétés, furent par la suite critiquées compte-tenu des reproches très durs qu'il avait pu faire à ces médias. Un article au vitriol du journal Tant pis pour vous lui est notamment consacré en mars 2004. Renaud attaque le journal en justice demandant de lourds dommages et intérêts pour un journal économiquement fragile, ce qui lui est reproché par la presse[47]. Cela ne l'empêche pas de devenir très populaire auprès de ses compatriotes et d'être régulièrement placé dans les dix personnes les plus appréciées par les Français[48][49].
En 2002, il rencontre la chanteuse Romane Serda à la Closerie des Lilas qui devient rapidement la nouvelle femme de sa vie. Renaud se marie avec elle le 5 août 2005, à la mairie de Châteauneuf-de-Bordette (Drôme). La liaison entre Renaud et Romane Serda a pourtant engendré des polémiques du côté des fans[50]. Ayant retrouvé l'amour et s'étant remarié, il parvient enfin à sortir de l'alcoolisme et à sentir renaître son âme de militant. Depuis 2005, il lutte activement pour la libération d'Íngrid Betancourt et des autres otages des FARCS en Colombie pour lesquels il consacre une chanson, Dans la jungle, ensuite traduite en espagnol et interprétée par Melingo, un chanteur argentin.


À droite, Renaud aux côtés de Romane Serda lors de l'inauguration de l'école Renaud Séchan en 2006.


Il organise le 23 février 2006, à l'occasion des quatre ans de détention de l'otage, un grand concert au Zénith de Rouen réunissant de nombreuses personnalités. Cette même année, il relance son combat contre la corrida et pour la réintroduction des ours dans les Pyrénées. Son deuxième enfant, Malone, naît le 14 juillet 2006[51]. Le 14 octobre 2006 est inaugurée l'école Renaud Séchan à Mirabel-aux-Baronnies (proche du village natal de Romane Serda), le chanteur avait en effet fait un don conséquent pour sa construction[52].
C'est le 2 octobre 2006 que sortent simultanément son douzième album intitulé Rouge Sang et une version collector de celui-ci. Les deux versions s'écoulent à plus de 170 000 exemplaires dès la première semaine (triple disque de platine, 510 000 exemplaires au total). Rouge Sang est vu par certains comme une sorte de renaissance, tant le Renaud de Boucan d'enfer était l'œuvre d'un autre personnage, cynique, désabusé, et plus consensuel. L'album est ainsi nettement plus engagé que le précédent opus (Leonard's Song dédié à Leonard Peltier, J'ai retrouvé mon flingue, Elle est facho, Rouge Sang). La critique sur l'album est mitigée : bien que l'ensemble de la presse célèbre le « retour à la forme » du chanteur après ces années noires, de nombreux journaux (dont Le Monde et Télérama) considèrent que la plume de Renaud s'est émoussée et regrettent les arrangements « très électriques » et datés de Jean-Pierre Bucolo.
Illustré par Killofer, jamais aucun album de Renaud n'avait encore contenu autant de chansons : 24 sur l'édition collector (y compris un titre écrit par un autre chanteur, Rien à te mettre par Benoît Dorémus). Durant la tournée médiatique, Renaud enregistre une publicité où, non sans humour, lui et Vincent Delerm (qu'il cite dans Les Bobos, premier single de l'album, vendu à 67 100 exemplaires en 16 semaines) vantent leurs albums respectifs. Renaud écrit et produit Après la pluie, le deuxième album de Romane Serda, album qui sort le 26 février 2007.
En février 2007, dans un entretien à Paris Match, il annonce qu'il souhaite déménager en Angleterre pour élever son fils dans un univers plus calme.
Il effectue au printemps et à l'été 2007 une tournée Rouge Sang tour. La voix y est souvent meilleure que pendant la tournée Boucan d'enfer[53], et le décor représente les toits de Paris, en référence à Robert Doisneau et au dernier concert des Beatles. Celle-ci s'arrête notamment 4 fois à Bercy et au centre de détention de Bapaume lors de la fête de la Musique. Il offre également un concert à l'Isle-sur-Sorgue, ville où il possède une résidence secondaire. Une tournée des festivals (Festival des Terres Neuvas Festival d'été de Québec, Francofolies, Paléo, Fête de l'Humanité) a lieu durant l'été 2007. Il termine sa tournée par un concert gratuit offert à ses fans le 29 septembre 2007 à la Cigale. Sur scène durant près de 6 heures, il revisite l'ensemble de son répertoire[54]. En novembre sort Tournée Rouge Sang témoignage sur CD et DVD des concerts de Bercy. En septembre sort Jeunesse se passe, le premier album de Benoît Dorémus que produit Renaud (impressionné par son premier auto-produit il avait fait signer Dorémus sur son label Ceci-Cela en janvier 2006).
Sa fille Lolita se marie avec le chanteur Renan Luce à l'été 2009[55]. Le 23 novembre 2009 sort Molly Malone, un album de reprises de chansons traditionnelles irlandaises, projet qu'il dit envisager depuis plus de 25 ans. L'album est sous-titré Balade Irlandaise (balade avec un seul « l », soit 'promenade'). Il comporte treize chansons[56] qui sont toutes des adaptations du répertoire traditionnel de la musique celtique irlandaise. Certaines d'entre elles sont connues comme Dubliners, Molly Malone ou The Water Is Wide devenue La Ballade Nord-Irlandaise. Le premier single de l'album Vagabonds sort le 13 octobre 2009 sur les plateformes légales de téléchargement.
Renaud prépare un album qui ne devrait pas sortir avant 2011[57]
Le chanteur engagé
Tout au long de sa carrière, Renaud n'a cessé de militer pour de nombreuses causes, dont certaines tabous. La plupart de ses chansons, quand elles ne sont pas franchement engagées, évoquent au moins au détour d'un couplet un sujet sensible à l'artiste. Cet engagement lui a valu de s'autoproclamer « chanteur énervant », une expression largement reprise par les médias[58].
Idéologie
Si ses positions et sa vision du monde ont pu évoluer, il apparaît clairement que Renaud a toujours eu des idéaux de gauche. Il s'explique sur ce choix politique de deux manières : par les valeurs humanistes que défend ce bord et par l'héritage protestant et socialiste du côté paternel et l'héritage communiste du côté maternel. Les engagements de son grand-père paternel semblent néanmoins n'avoir apporté qu'un bagage culturel et non idéologique[7]. Non affilié à un courant idéologique défini, il se considère avant tout comme membre d'une grande famille de gauche[59]. Renaud n'hésitera pourtant pas à égratigner les partis de gauche dans ses chansons (Socialiste) ou dans ses concerts lorsqu'il le juge nécessaire.
Si plusieurs de ses chansons présentent clairement un message anarchiste, Renaud, ancien soixante-huitard, n'est pas pour autant un anarchiste convaincu. En effet même s'il trouve le principe magnifique, il ne pense pas la doctrine applicable dans la société actuelle[60]. Le côté anarchiste de Renaud se ressent notamment lorsque celui-ci raille les représentants de l'ordre dans ses chansons ; c'est notamment l'armée qui en fait le plus les frais, Renaud étant un ardent pacifiste (la Ballade Nord-Irlandaise, Manhattan-Kaboul) et antimilitariste (Déserteur, La Médaille contre laquelle l’Association de soutien à l’armée française porte plainte). Il s'en prend de la même manière à la police[61] (Hexagone, Où c'est qu'j'ai mis mon flingue). Il privilégie la fraternité humaine et se dit opposé à l'idée de frontière. De la vient son engagement régionaliste et son soutien des luttes identitaires[62], engagement qui se retrouve notamment dans les chansons Le Blues de la Porte d'Orléans ou Corsic’armes.
À droite, Renaud suscite des sentiments contrastés. Louis Pauwels l'associe à Coluche, dans son article dénonçant le « SIDA mental » dont serait atteinte la jeunesse manifestant contre la loi Devaquet[63]. Alors Premier Ministre, Édouard Balladur déclara que Renaud était son chanteur préféré[64]. Plus récemment Christine Albanel[65] ou Jean-Marie Le Pen[66] ont fait des déclarations similaires.
Cependant, l'extrême droite est clairement un ennemi pour Renaud (contrairement au reste de sa famille). Antifasciste, il lutte contre l'antisémitisme mais cela ne l'empêche pas de vivement s'en prendre à la politique d'Israël au sujet du conflit israélo-palestinien. Les paroles de la chanson Miss Maggie où la répression de l'Intifada est comparée au génocide arménien et à la Shoah[67], déclenchent une polémique et lui valent des accusations d'antisémitisme. Renaud avoue la tournure maladroite, même si le but était bien de provoquer, et remanie la phrase en « Palestiniens, Juifs, Arméniens »[68].
Une constante dans les engagements de Renaud est sa tendance à toujours se placer du côté des minorités et des personnes en position de faiblesse[69]. Il a longuement milité pour des associations humanitaires ou organisations non gouvernementales, tels que Les Restos du Cœur, Médecins sans frontières ou SOS Racisme[70], mais les problèmes de malversations auxquelles sont mêlés les associations humanitaires, et le sentiment d'inefficacité de ces combats, ont fini par le rendre plus méfiant et distant vis-à-vis de ces groupes[71] ; une lassitude qu'il décrit dans Tout arrêter.
Renaud reste un chanteur impliqué et militant, d'ailleurs régulièrement interrogé sur l'actualité politique et sociale (notamment lors de son passage à l'émission 7 sur 7). Mais il a, à de multiple reprises, émis le souhait de se retirer des turbulences des engagements politiques, comme il l'exprime dans les chansons Fatigué ou Je vis caché. Il désire mener une vie simple, proche de la nature, à l'écart de la violence, des drogues (La blanche, P’tite conne), exprimant parfois un univers parfois passéiste (Rouge gorge) et nostalgique de l'enfance (Mistral gagnant, Le sirop de la rue).
En 2006, pour soutenir les projets autour de la protection des enfants, il crée la fondation Malone, reconnu d'utilité publique en 2008[72].
Engagements politiques
Renaud a toujours assumé son affection et sa fascination pour François Mitterrand auquel il envoyait des copies de chacun de ses disques à leur sortie. Pourtant après l'élection présidentielle française de 1981 où il avait voté au second tour pour Mitterrand[73], bien que se réjouissant de l'abolition de la peine de mort et l'autorisation des radios libres, Renaud s'opposa rapidement aux positions économiques et géopolitiques des socialistes notamment après le tournant de la rigueur opéré par le gouvernement Mauroy en 1983[74]. La même année, il s'engage activement pour la Marche des beurs, comme il le fait plus tard pour la campagne Touche pas à mon pote de SOS Racisme[7]. En 1985, il se rend à l'Élysée pour exiger des explications suite à l'assassinat politique de Eloi Machoro, secrétaire général du FLNKS[75].
Le 7 décembre 1987, Renaud signe une tribune « Tonton laisse pas béton » au travers d'une pleine page publiée dans le quotidien Le Matin de Paris pour convaincre un Mitterrand qui montrait de l'hésitation à se représenter à l'occasion des élections de 1988[76]. Cela n'empêche pas Renaud de voter Pierre Juquin au premier tour[7] et de poursuivre ses critiques sur le parti socialiste durant le second septennat de Mitterrand. En 1988, il signe une tribune dans Révolution pour exiger la libération d'Otelo Saraiva de Carvalho[77] à l'occasion de la visite officielle en France du président portugais. La même année il organise un concert à l'Olympia afin de réunir des fonds pour financer un hôpital palestinien[78]. Renaud se montre également actif à l'occasion des célébrations du bicentenaire de la Révolution française en 1989. Il critiquait le fait d'inviter les « maîtres du monde » pour le sommet du G7 à Paris alors que la période était censée rendre hommage à la Révolution et aux sans-culotte[79]. Organisateur d’un concert protestataire sur le thème « Dette, colonies, apartheid, ça suffat comme ci », réunissant plus de 100.000 personnes Place de la Bastille, Renaud força le Parti socialiste à prendre position sur l'abolition de la dette. En 1991 Renaud désapprouva fortement le choix de François Mitterrand de s'impliquer dans la guerre du Golfe aux côtés des Américains, celle-ci se résumant pour lui à une histoire de sous que les Irakiens allaient devoir payer au prix fort. Il écrit diverses chroniques dans L'Idiot international de Jean-Edern Hallier[80]. Malgré ces divergences avec Mitterrand, Renaud entretient toujours un grand respect pour celui qu'il identifiait sous certains aspects à un père[81]. Une chanson lui est d'ailleurs consacrée sur l'album Marchand de Cailloux (Tonton) et Baltique, du nom de son chien, sera un ultime hommage sur l'album Boucan d'enfer.
Aux élections européennes de 1994, Renaud est avant-dernier sur la liste Régions et peuples solidaires, derrière Gilles Perrault, Jacques Higelin et Christian Laborde[82], marquant ainsi son engagement régionaliste (il soutient ainsi Jean-Philippe Casabonne et Peio Serbielle, fait des concerts de soutien, et un drapeau basque figure sur le décor de sa tournée Boucan d'enfer). Depuis le départ de Mitterrand, il s'avoue peu convaincu par Lionel Jospin et les autres dirigeants socialistes[83], mis à part Bertrand Delanoë et l'aile gauche du parti[84]. Renaud s'est orienté vers un écologisme de gauche, représenté par José Bové[85] ou les Verts[86], qu'il a soutenu lors des élections présidentielles de 1995, de 2002 et de 2007. En 1995, il vote pour Lionel Jospin au deuxième tour, afin d'éviter le retour des bandits[87]. En 1999, il signe un texte demandant l'arrêt des bombardements au Kosovo.
Il vote pour Noël Mamère au premier tour de l'élection de 2002[88]. Renaud a aussi fait partie du Comité de soutien socialiste au oui à la constitution européenne créé à l'initiative de Jack Lang lors du référendum de 2005. En 2007, après avoir soutenu Dominique Voynet, présente au premier concert de sa tournée, il apporte son soutien à Ségolène Royal en étant présent au meeting de Charléty pour s'opposer à Nicolas Sarkozy. Il déclare cependant qu'il a voté socialiste au deuxième tour des présidentielles 2007 mais qu'il aurait préféré voter à gauche. [89]. Il a aussi soutenu Yves Cochet lors des législatives de la même année dans le 14e arrondissement de Paris où il réside. À l'automne 2007 il s'engage contre la loi Hortefeux et les test ADN[90], participant au meeting au Zénith et annonçant l'écriture d'une chanson sur le sujet[91]. En décembre 2007, il offre un de ses tableaux pour une vente aux enchères en faveur du journaliste Denis Robert[92]. Il devient membre du comité de soutien à Denis Baupin lors des municipales de 2008 à Paris[93]. Il prend également position en faveur de différents candidats de gauche (Razzy Hammadi à Orly, Dominique Voynet à Montreuil ou Martine Lignières-Cassou à Pau).
En 2004, il prend la défense de Peio Serbielle condamné, selon ses termes, pour « délit d'hospitalité ». En effet, le chanteur basque est emprisonné durant 16 mois pour avoir hébergé des indépendantistes[94].
Début 2005, son engagement dans une campagne contre le téléchargement illégal lui vaut quelques réactions de la part de ses fans. Sa position sera contradictoire sur le sujet. À la fin de l'année, le chanteur revient sur sa décision, s'explique avoir été mal informé sur le peer to peer et « embobiné » par Virgin, et distribue gratuitement sa chanson militante Dans la jungle sur un forum Internet d'un site de fans sans la permission de sa maison de disque[95]. Il met d'ailleurs par la suite à disposition des enregistrements rares ou inédits sur ce même site[96]. Cependant, en juin 2008 il s'engage, aux côtés de 51 autres artistes, pour la loi Hadopi réprimant le téléchargement illégal[97].

Depuis 2005, il lutte activement pour la libération d'Íngrid Betancourt et des autres otages en Colombie détenus par les FARCS[98] pour lesquels il compose une chanson Dans la jungle (traduite dans plusieurs langues[99]). Le 23 février 2006, à l'occasion des quatre ans de détention de l'otage, il organise entre autres un grand concert au Zénith de Rouen réunissant de nombreuses personnalités. Dix jours plus tôt, un concert similaire, Les Voix de l'Engagement, s'était tenu en Belgique, à Louvain-la-Neuve, en soutien également à Aung San Suu Kyi (Prix Nobel de la paix, assignée à résidence en Birmanie). Renaud y chante notamment en duo avec Hugues Aufray. Un autre meeting de soutien à Íngrid Betancourt est organisé au Zénith de Paris le 18 novembre 2007 dans l'espoir, déçu, d'une libération proche d'Íngrid Betancourt[100]. Lorsque cette dernière est libérée le 2 juillet 2008, le président de la république Nicolas Sarkozy salue son engagement lors de son intervention en direct. Il n'apparaît pas cependant aux diverses célébrations suivant sa libération, ne souhaitant pas s'exprimer publiquement[101].
Écologisme et défense des animaux
L'écologisme est un autre grand combat de Renaud. Auparavant plus intéressé par les droits de l'Homme et la politique, le déclic écologique est venu avec la naissance de sa fille en 1980 qui lui a fait prendre conscience que les générations futures « devaient continuer à profiter de ce que la nature a donné à l'homme.[102] » Et dès 1984, il s'engage à Greenpeace pour qui il organise un concert, et participe à quelques manifestations, notamment le 30 janvier 1985 en occupant les locaux de la Japan Airlines, pour protester contre la chasse à la baleine permise par le gouvernement japonais (cela lui vaut quatre heures de garde à vue). Mais, fatigué par les luttes de pouvoir à l'intérieur de l'organisation, et suite à l'affaire du Rainbow Warrior, il quitte Greenpeace avec d'autres amis partis fonder l'association Robin des Bois en 1985[103].
Il a lutté contre la construction du tunnel du Somport dans la Vallée d'Aspe[104] (finalement construit) et participe encore aujourd'hui à la réintroduction des ours dans les Pyrénées[105] [4]. Pour les 20 ans de Tchernobyl il offre une chanson (26 avril) à Greenpeace. Il milite activement pour l'abolition du Rallye Dakar (500 connards sur la ligne de départ). Il est attaché à une vie et un environnement simple et sain. Il est d'ailleurs un fervent pêcheur à la mouche, à l'instar de René Fallet dont il a hérité des cannes à pêche.
Attaché à la cause animale, Renaud est un militant anticorrida. Il a composé deux chansons contre la corrida (Olé et Rouge Sang) et il est membre du Comité Radicalement Anti-Corrida et de l'Alliance Anticorrida dont il porte le tee-shirt régulièrement lors de ses apparitions télévisées et auxquels il accorde un stand à la sortie de ses concerts[106]. En juillet 2007 il assure la voix off d'un spot publicitaire de la SPA contre la corrida[107] qui est censuré par le Bureau de vérification de la publicité (BVP). Renaud s'insurge contre cette décision et adresse une lettre ouverte au président Nicolas Sarkozy le 13 août au côté d'autres personnalités[108]. Le 4 février 2008, il adresse une lettre ouverte au président de la FCPE demandant le soutien dans la demande d'interdiction de l'accès aux arènes pour les mineurs de moins de 16 ans.[109]
En 2006, il lui a été reproché d'avoir offert un 4x4 à son épouse. Il assume cette position en contradiction avec ses opinions écologistes[110].
Rapports avec les médias
Renaud et la presse n'ont pas toujours été en bons termes, notamment la presse de gauche de l'aveu de Renaud lui-même[111]. Le conflit le plus évident est celui qui oppose le chanteur avec Libération, notamment les pages culturelles qui ont émis de nombreuses critiques défavorables à son sujet[112] depuis le début de sa carrière[113] et à qui Renaud n'a cessé de lancer de petites « piques » à travers les paroles de plusieurs de ses chansons ou sur scène[114]. En 1989 un article en pleine page de Libération, au sujet de la maison achetée par Renaud à Outremont (Montréal), titre « Renaud passe du HLM à la cabane au Canada » et critique le fait que sa maison se situe dans un quartier aisé[115].
Renaud a également eu quelques démêlés avec l'Événement du jeudi notamment lorsque celui-ci révèle en 1993 que le chanteur a touché les Assedic pendant huit mois en 1980[116].
Pour son album Putain de camion, dédié à Coluche et sorti en 1988, Renaud décide de n'en faire absolument aucune publicité par le biais des médias traditionnels (presse, radio, télévision)[117]. Mistral gagnant l'album précédent avait en effet eu droit à une forte promotion et s'était vendu à plus d'un million d'exemplaires ; Renaud était désireux de couper les ponts avec les médias, fatigué des critiques sur ses origines ou son compte en banque. Mais la décision d'éviter toute promotion fait chuter les ventes de moitié par rapport à ses deux précédents albums (soit 750 000 exemplaires malgré tout). Finalement Renaud se résigne et continue de passer par le système médiatique pour promouvoir ses albums, partagé entre le besoin de s'attirer un public plus large et le risque de s'exposer aux critiques en s'affichant dans ces médias qu'il décrie tant. Par exemple son apparition aux NRJ Music Awards lors de son retour en 2002 lui a attiré plusieurs critiques.
En 2002, pour la sortie de Boucan d'enfer les critiques redeviennent élogieuses, célébrant le retour et la sortie de la période noire et jaune de Renaud. La réception est plus mitigée pour l'album Rouge Sang. Renaud s'en prend vivement à la presse parisienne[118] qui ne le soutiendrait pas contrairement à la presse de province[119] et il juge les procès d'intentions qui lui sont faits pour les chansons Les Bobos et Elle est facho (qui finit par … et elle vote Sarko) sans fondement. En 2007, dans un numéro spécial du mensuel d'extrême-droite Le Choc du Mois consacré à la chanson française dont il figure d'ailleurs seul en couverture, Renaud accorde une interview assez décomplexée dans laquelle il s'affirme prêt à soutenir une demande de mise en liberté au profit des détenus politiques quelle que soit leur appartenance [réf. souhaitée].
Laïcité, religion et mort
Issu d'une famille protestante, portant la croix huguenote, il revendique son appartenance à cette communauté même s'il ne croit pas en Dieu[120].
En effet Renaud est agnostique et ne le cache pas. Au contraire il sermonne vertement les fanatiques religieux, les curés et les papes dans ses chansons. La religion, notamment le catholicisme, est toujours considérée dans les textes de Renaud comme un frein au développement intellectuel et à la liberté[121]. Pourtant il ne rejette pas certains messages de l'Église comme l'amour de son prochain[122].
Partisan d'un socialisme laïque, il déplore par exemple que François Mitterrand n'ait pas émis le désir de se faire enterrer civilement pour aller jusqu'au bout de son agnosticisme[123].
Renaud entretient un rapport particulier avec la mort, comme l'évoque sa chanson Mon bistrot préféré. En effet nombre de ses amis ont disparu prématurément, c'est le cas pour Patrick Dewaere, Coluche (qui était le parrain de sa fille), Pierre Desproges, Serge Gainsbourg, Michel Roy (compositeur de la chanson Baston), Franck Langolff, François Ovide (guitariste de Renaud et compositeur de la chanson Mon Amoureux). Les disparitions de Georges Brassens, François Mitterrand et Frédéric Dard le marqueront également beaucoup, tout comme le décès du jeune Lucas à qui est dédiée la chanson Elsa, prénom de sa jeune sœur.
Alcool et drogue
Durant ses années noires, Renaud a sombré dans l'alcoolisme qu'il décrit dans Boucan d'Enfer. Bien qu'il en soit sorti, Renaud en a gardé une image d'alcoolique dont se servent encore certains de ses détracteurs[124].
Si ses textes ont toujours condamné les drogues « dures »[125], sa position sur les drogues « douces » est plus ambigüe. Après avoir chanté qu'il aimait « fumer une bonne vieille Goldo, en écoutant chanter Bruant »[126], Renaud se lance dans la lutte anti-tabac avec sa chanson Arrêter la clope en 2006, soutient l'interdiction de fumer dans les lieux publics et l'Organisation mondiale de la santé lui remet un certificat honorifique. Dans plusieurs de ses textes, il évoque la consommation de cannabis[127] et a également admis en avoir consommé[128] mais, plus récemment, il prône s'opposer à toute forme de dépénalisation[129].
Style artistique Univers musical et littéraire
Renaud, dans la tradition de la chanson française, accorde avant tout une importance au texte. Il a d'ailleurs écrit la quasi-totalité de ceux-là (La chanson du loubard, Soleil immonde et Rien à te mettre figurent parmi les rares exceptions). Il subit les influences de Bruant, de François Béranger et d'autres chanteurs réalistes, du folk song d'Hugues Aufray (sa première idole et celui qui lui a donné l'envie de chanter[10]) et d'Antoine, et du protest song de Bob Dylan. Une bonne partie de ses textes utilisent l'argot[130], un langage populaire que Renaud a appris enfant puis en fréquentant la rue alors qu'il vivait de petits boulots[131], et comprennent de nombreux calembours. Outre les chansons engagées, Renaud écrit également sur des sujets plus personnels, souvent biographiques, comme la famille, le divorce ou l'enfance. À partir de Morgane de toi par exemple, dans chacun de ses albums studios, au moins une chanson sera dédiée à sa fille[132]. Renaud glisse fréquemment quelques touches humoristiques dans ces chansons en se servant du jeu de mot, de la parodie ou du satire pour mieux faire passer ses messages ou simplement faire rire. Renaud est connu pour recourir fréquemment au portrait dans ses textes[133]. Certains de ses personnages sont biographiques (Miss Maggie, L'Entarté, Tonton), d'autres sont des caricatures de groupes sociaux (Deuxième génération, Dans mon HLM, Petit pédé), d'autres enfin représentent une partie de sa propre personnalité (Manu, La teigne, Cent ans). Certains reviennent sur deux chansons (Gérard Lambert, La Pépette, Germaine).
L'aspect musical passe plutôt au deuxième plan[134]. Il a néanmoins composé de nombreuses mélodies, dont celles de Mistral gagnant et d’Hexagone, mais n'en a fait que cinq sur Rouge Sang et qu'une sur Boucan d'enfer. Son son a souvent varié au gré des arrangeurs : assez épuré au déparé, java et accordéon dans la période titi parisien, parfois FM avec synthétiseur comme pour Marchand de cailloux, acoustique avec À la Belle de Mai ou avec une utilisation importante de guitare électrique dans Rouge Sang. Renaud n'ayant jamais pris de cours de chant[11], sa voix éraillée ne fait pas non plus l'unanimité, d'autant plus que l'alcool et la cigarette ont accentué son côté rauque[135] ; elle est en tout cas un signe distinctif du chanteur[136]. Il est à noter que le chanteur a beaucoup travaillé avec des musiciens et collaborateurs du groupe Magma : Muriel Huster (photographe), Klaus Blasquiz (choeurs), Gérald Bikialo, Randy Brecker, Bernard Paganotti (basse), Dominique Bertram (basse), Jean-Michel Kajdan (guitares), Teddy Lasry et Claude Salmieri (batterie) ont tous à un moment où un autre travaillé pour Magma et Renaud.

Encore plus que Léo Ferré, Jacques Brel, Boby Lapointe ou Boris Vian, les deux artistes qu'il admire le plus sont Charles Trenet et surtout Georges Brassens qui lui a donné l'envie d'écrire des chansons et dont il revendique la filiation[137]. Il ne l'a rencontré que deux fois : une fois enfant, une autre fois sur un plateau de télévision. Brassens lui avait alors indiqué qu'il trouvait ses chansons « merveilleusement bien construites ». Dix ans après sa mort, Renaud avoua qu'après un tel compliment venant d'une telle personne, tous les hommages lui paraîtraient bien fades[138]. En 1996 sort l'album-hommage Renaud chante Brassens où Renaud reprend 23 chansons du répertoire de son idole, encouragés par deux proches de Brassens, Pierre Onténiente et André Tillieu, qui l'accompagnent dans sa promotion[7].
Son chanteur vivant préféré est Bruce Springsteen auquel il a offert une guitare Telecaster 59 rouge et qu'il a rencontré lors d'un concert au Zénith de Paris. Il a également interprété sa chanson No surrender sur scène au Zénith en 1986 et à traduit les chansons Factory, My hometown et Wreck on the Highway en 1984. Cette version restera dans les tiroirs[14]. Il avoue également écouter Vivaldi, Mozart, Chopin, les Beatles et Bob Dylan. Son chanteur français préféré est Alain Souchon[139] à qui il adresse un hommage dans une chanson de l'album Rouge sang (Sentimentale mon cul). Il est également amateur de la nouvelle scène française, écoutant Renan Luce, Benjamin Biolay, Vincent Delerm, Clarika, Aldebert ou Benoît Dorémus qu'il produit. Il se dit écœuré par les émissions de télé réalité musicales qu'il accuse de produire des chanteurs sans intérêt et inexpérimentés[140]. Il admet néanmoins apprécier Élodie Frégé qu'il cite dans les artistes qu'il affectionne[141]. Il apprécie également les chanteurs Québécois comme Robert Charlebois ou les Cowboys Fringants qui ont d'ailleurs déclaré être influencé par Renaud (En berne des Cowboys Fringants est fortement inspiré d’Hexagone[142]) mais son chanteur québécois préféré reste Richard Desjardins, qu'il compare à Léo Ferré. Parmi les chanteurs suisses Sarclo, qui fera la première partie des concerts de sa tournée en 1996, qui est pour lui « la plus belle invention suisse romande depuis l'invention du trou de gruyère »[143] ainsi que Le bel Hubert et Michel Bühler. Il apprécie aussi le chanteur catalan Lluís Llach. Dans le cadre de l'émission Les Enfants du rock, il s'est rendu en Afrique du Sud pour interviewer le chanteur Johnny Clegg pour qui il avait eu un coup de cœur. Ému par son combat contre l'Apartheid, il lui a dédié la chanson Jonathan et entretient toujours de très bons termes avec lui. En 2006, Renaud produit d'ailleurs son album One Life.
Parmi les auteurs littéraires il cite Maupassant, Boris Vian, Prévert, Jack Kerouac, René Fallet ; les polars (Le Masque), Le Feu follet de Pierre Drieu La Rochelle, La Mort à Venise de Thomas Mann et Au bonheur des mots de Claude Gagnière sont ses livres de chevet[10].
Une influence
Les trente années de carrière de Renaud ont eu une certaine influence sur la chanson française. De nombreux groupes et artistes disent avoir été inspirés par Renaud comme Mano Solo, Tryo, Zebda, Mickey 3D, Têtes Raides (qui ont repris Hexagone lors de leur tournée 2004) ou Bénabar[144]. Benoît Dorémus se dit également fortement influencé par Renaud qui l'a d'ailleurs produit.
Plus éloigné de son univers musical, les paroles contestataires du chanteur ont trouvé écho auprès de la scène rap (notamment les chansons sur la banlieue, un thème que Renaud s'était approprié et qui fut plus tard repris par les rappeurs). Un album hommage lui est même consacré auquel ont participé des rappeurs comme Doc Gynéco, MC Jean Gab'1 et Disiz la Peste. Certains voient d'ailleurs en MC Jean Gab'1 l'une des influences les plus visibles, le rappeur appartenant à l'une des premières générations de rappeurs qui ont fait le lien entre les banlieusards comme ceux décrits par Renaud et ceux de l'époque contemporaine[145].
Discographie
Articles détaillés : Discographie de Renaud et Liste des chansons de Renaud.
Au total, Renaud a vendu plus de quinze millions d'albums (dont trois millions de compilations diverses) et trois millions de 45 tours[146].
Parallèlement, Renaud a participé à différents projets tels que Chanteurs sans frontières ou Les Enfoirés tout au long de sa carrière. Il a également composé quelques musiques de films (par exemple Marche à l'ombre) et produit les albums de quelques artistes, notamment Romane Serda et Benoît Dorémus. Il lui est aussi arrivé d'écrire des chansons pour d'autres artistes (Régine, Patricia Kaas…).
AnnéeTitreNombre d'albums vendus[[size=12]146[/size]]
1980Renaud à Bobino550 000
1981Le P'tit Bal du samedi soir et autres chansons réalistes350 000
1982Un Olympia pour moi tout seul500 000
1989Visage pâle rencontrer public270 000
1995Le Retour de la Chetron SauvageAlbum uniquement disponible dans l'Intégrale
1996Paris-Provinces Aller/Retour150 000
2003Tournée d'enfer130 000
2007Tournée Rouge Sang

En concert
En concert, Renaud a l'habitude de beaucoup parler avec son public entre deux chansons, voire de le provoquer avec des gags et des jeux de scène ; il en profite aussi parfois pour donner son avis sur des sujets d'actualité[147].
Les concerts de Renaud sont aussi connus pour leurs décors. Le premier grand concert de Renaud se déroule devant 6 000 personnes au Zénith qu'il inaugure pendant plus de trois semaines en 1984 et recevra en tout 75 000 spectateurs. En 1986, il réoccupe le Zénith pendant un mois, la campagne publicitaire de cette tournée, intitulée Le Retour de la Chetron Sauvage, le montre avec un bandana rouge en train de sucer son pouce après avoir été mordu par un hameçon. En pleine élections législatives, Renaud pose comme thème de campagne Les méchants c’est pas nous !. Le décor de ce concert représente un port avec un immense cargo du nom de Karaboudjan en référence à Tintin. Renaud revient au Zénith en 1988, avec en première partie le groupe Soldat Louis, l'unique décor est un arbre gigantesque où sont perchés les trois choristes. Pour la Tournée d'enfer, le décor représente une place de village un jour de 14 juillet. Pour la Tournée Rouge Sang, ce sont les toits de Paris qui sont reconstitués en hommage à Robert Doisneau et au dernier concert des Beatles sur les toits de Londres.
Plusieurs de ces concerts sont sortis en VHS et DVD, d'autres ont été enregistrés mais jamais commercialisés.
Distinctions Récompenses
Précédé parRenaudSuivi par
Gérald De Palmas
Victoire de la musique de l'artiste interprète masculin
2003
Calogero

Hommages et reprises


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MessagePosté le: Lun 11 Jan - 14:17 (2010)    Sujet du message: Publicité

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